Dans son billet du 16 décembre 2009, " CEGEDIM : augmentation de capital ", Xavier avait souligné la qualité de ce dossier, et s'était étonné qu'il ne soit pas mieux valorisé. Le titre affichait en effet, fin 2009, un PER de 10, avec une capitalisation boursière de 770 millions (14 millions de titres x une action cotée 55 euros) et un bénéfice de 77 millions d'euros (résultat opérationnel de 90 millions, retranché de 13 millions d'impôts).
Et ce, alors que la réussite de son augmentation de capital, qui lui a permis depuis de se désendetter, et l'objectif d'un chiffre d'affaires et d'une marge opérationnelle en nette amélioration pour 2010, laissaient bien augurer de l'avenir.
De fait, la valeur a tenté depuis de repasser la barre des 60 euros, à deux reprises, début janvier et courant avril :
Mais sans parvenir à s'affranchir de cette résistance, bien que les volumes aient à chaque fois été au rendez-vous.
Pourtant, une cotation à 60 euros n'avait rien d'excessif, puisqu'elle correspond à un PER de 11, ce qui reste inférieur à la moyenne du secteur, où des ratios autour de 13-14 sont le plus souvent observés.
Les résultats trimestriels publiés hier soir sont en retrait de 1,5% par rapport à l'exercice 2009, mais plusieurs raisons expliquent cela :
- Tout d'abord, la base de comparaison est nettement défavorable, puisque le groupe avait réalisé en 2009 le meilleur de tous les premiers trimestres de son histoire, en hausse de plus de 10% par rapport à 2008.
- Ensuite, plusieurs projets de grande envergure en CRM (" Customer Relationship Management ", ou " Gestion de la Relation Client ") et, pour des raisons électorales, plusieurs contrats au Royaume-Uni, ont été reportés à plus tard dans l'année – sans être annulés : ils viendront donc grossir le CA des prochains trimestres.
- Enfin, si le secteur de l'informatique et, plus spécifiquement, celui des professionnels de la santé sur lequel intervient CEGEDIM, offrent des signes de reprise, la pression sur les prix et sur les marges est restée forte en ce début d'année, même si celle-ci est appelée à se détendre sur le second semestre.
Il ne semble donc pas qu'il y ait de raison de réviser notre conseil sur cette SSII, qui devrait au contraire bénéficier d'un news flow très positif sur le reste de l'année, ainsi que d'une rotation sectorielle bénéfique aux sociétés informatiques (voir l'analyse de Ludovic datée du 29 mars, " L'heure des rotations sectorielles ? ").
Notre robot commence d'ailleurs à être intéressé par la valeur. Il prévoit désormais un " mouvement haussier soutenu " pour les semaines à venir, avec un indice de confiance qui ne cesse de croître.
Ce changement d'opinion peut en partie s'expliquer par la déconfiture générale des marchés : avec une capitalisation boursière inférieur à 770 millions d'euros, et en prenant pour base de calcul les objectifs que le groupe s'est fixé, CEGEDIM affiche désormais un PER inférieur à celui de la fin 2009, sous les 9,50. Pour atteindre un PER de 13, qui reflèterait une valorisation correcte de la valeur, il conviendrait que le titre s'échange à plus de 70 euros. Soit une marge de progression théorique de plus de 25% !
Les acteurs de marché devraient finir par s'en apercevoir...