Le violent décrochage de - 10 % en 2 jours de la semaine dernière s'inscrit dans une lente décrue du cours de bourse initié depuis les 42 EUR alors que le CAC tutoyait les 4100!
Globalement la performance du titre est très proche de celle de son indice sur cette période.
Cette mauvaise performance du titre, est a mettre tout d'abord sur le dos de la baisse de toutes les valeurs énergétiques de la cote lié au problème BP.
Mais quel est le rapport avec une fuite de pétrole, aussi grave soit elle ?
À vrai dire aucun, si ce n'est que lorsque le secteur baisse, les gérants sous-pondèrent naturellement leur position sur ces valeurs.
L'autre point qui vient peser sur le titre est lié à la décision de Bruxelles de libéraliser le marché de l'électricité. Cette décision n'est pas nouvelle mais dernièrement dans ce cadre, l'Assemblée Nationale étudie un projet pour faire un peu plus de place à la concurrence d'EDF en France.
Les députés voudraient contraindre EDF à vendre à ses concurrents - POWEO,GDF SUEZ ou DIRECT ENERGIE - un quart de sa production d'électricité d'origine nucléaire à un tarif très avantageux.
L'idée de libéralisation du marché peut paraitre en soi une bonne idée, mais il est tout de même à noter que dans chaque pays ou celle-ci est appliquée, les prix de l'énergie ont considérablement augmenté.
En effet, il y a fort à parier que EDF voudra combler ce manque à gagner en augmentant sensiblement les prix comme cela s'est passé dans les autres pays.
L'Assemblée nationale doit adopter ce mardi le projet de loi sur la Nouvelle Organisation du Marché de l'Electricité (NOME).
En attendant de connaitre les modalités exactes et notamment le prix auquel EDF devra céder son kilowatt heure à ses concurrents, les investisseurs pourraient rester prudents.
Est ce que la chute récente de l'électricien sur les marchés est l'occasion de revenir sur le dossier...?
Notre robot avait lancé un appel le 18 juin 2009, soit pratiquement un an jour pour jour, nous incitant à acheter le titre à 34.33 euros.
Un an après, la performance est tout juste positive et il conserve ses actions.
Les plus prudents attendront de voir avant de prendre position si le contexte général de défiance vis-à-vis des actifs en bourse persiste ou si la chute de l'indice sur les 3 350 est juste une saine consolidation. Graphiquement certains verront un W de retournement se dessiner avec comme ligne de cou 36 EUR et comme objectif les 38 EUR. Le franchissement de ces 36 EUR avec du volume serait assurément une bonne nouvelle et conforterait la prévision de notre robot qui reste optimiste.
Après le joli rebond du CAC depuis les 3 350 jusqu'aux 3 620, il est difficile de dire si celui ci est purement technique ou si les opérateurs de marchés considèrent que les mauvaises nouvelles sont dans les cours.
Le passage des 3600 pourrait propulser le CAC sur les 3 700 mais ce rebond pourrait être de courte durée si l'on considère l'environnement macroéconomique pesant. Il faut faire preuve de la plus grande prudence, car même les bons dossiers seront vendus en cas de panique.
EDF dans ce contexte n'échappera pas à la règle.
Nous continuons de croire que le marché actuel est très technique et qu'il est primordial de tenir compte de la psychologie des foules. Car c'est aussi là que les investisseurs avisés pourront profiter de la volatilité en exploitant les peurs et l'euphorie, c'est à dire les excès des intervenants...
Garder son sang froid est un gage de réussite.