Alors que les perspectives étaient encore bien incertaines cet automne (voir notre post « Grève des investisseurs chez TOTAL » du 14 octobre 2010), le groupe pétrolier français se rapproche désormais de ses plus hauts du début de l’année 2010. Hormis les bons résultats d'étape publiés par l'entreprise, deux facteurs externes expliquent ce retour en grâce. L’un tient à la hausse récente du cours du pétrole, suite entre autres aux rigueurs de l’hiver en Europe et en Amérique du Nord. L’autre, plus structurel, est lié à un regain d’intérêt pour les secteurs pétroliers et parapétroliers dans leur ensemble, des études de prospectives ayant souligné que la production d’or noir ne serait pas capable de répondre, dans les quinze années à venir, à la demande croissante des pays émergents et, en particulier, de la Chine.
Ce mouvement est-il appelé à durer ? Notre robot a eu un comportement hésitant sur la valeur ces derniers jours. Le 18 janvier, il a revendu sa ligne, qu’il avait en portefeuille depuis plus d’un an, en n'engrangeant qu'une petite plus-value de l’ordre de 5,7%. Puis, le 20, il a racheté des titres… qu’il a revendu dès le 25, en empochant au passage une plus-value de 1% environ. Et, depuis, il conseille de rester en dehors de la valeur, même si ses indices de tendance, tout en étant négatifs, restent peu alarmants.
On comprendra mieux ces mouvements si nous examinons la situation graphique :
Depuis le 30 novembre, le titre a entamé un beau rallye qui l’a porté de 37 à 43,50 euros, hier en séance, soit près de 18% de hausse. Ce mouvement fut à peine freiné par les soubresauts du CAC à la fin de l’année 2010, qui entraînèrent seulement une petite consolidation au-dessus des 40 euros.
Lorsque notre robot a vendu ses titres pour la première fois, le 18 janvier, la valeur flirtait alors avec la zone des 42,50 euros, laquelle avait offert une belle résistance l’année passée, de la fin janvier à la fin mars. Qui plus est, le titre venait de sortir au-dessus de son oblique haute de canal, après avoir traversé celui-ci de part en part les semaines précédentes. Une correction était donc probable.
Mais c’était sans compter sur le cours du pétrole et la belle envolée des valeurs françaises du secteur parapétrolier. TOTAL a ainsi poursuivi sa course, et dépassé ce seuil des 42,50 euros, ce qui, en théorie du moins, ouvre la voie jusqu’à la prochaine résistance, située un peu au-dessus des 44 euros.
La situation reste toutefois incertaine. En effet, la valeur évolue désormais nettement au-dessus de son canal, et bien loin d’une MM 150 qui, pour sa part, navigue encore sous ce même canal. De plus, à l’exception de la séance du 21 janvier, on ne relève pas de volumes réellement significatifs dans les échanges.
TOTAL semble donc appelé à illustrer à court terme l’adage boursier qui veut que les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel. Si le titre peut fort bien revenir sur ses plus hauts du début de l’année 2010 dans les prochaines séances, tant que les marchés resteront bien orientés, il corrigera certainement au premier signe de retournement de tendance. On comprend que notre botraider conseille désormais de rester en dehors de la valeur, dans l’attente de la prochaine correction. Et, si l’on est toujours placé, on veillera à prendre ses profits au premier coup de canon.