Grèce et Euro : le malheur des uns...
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Le mercredi 3 mars, le gouvernement grec vient d'annoncer un nouveau
plan d'austérité de 4.8 milliards d'euros soit tout de même 2 % du
déficit.
... et toujours aussi peu de "mains tendues" des autres pays européens pour aider la Grèce.
Pourquoi aussi peu de solidarité européenne en dehors de beaux discours ?
La réponse tient en 4 lettres: EURO
Cette
affaire est une aubaine pour les autres pays européen: l'Euro a perdu
10 % depuis début décembre 2009, sûrement pas assez pour arrêter la
dés-industrialisation de l'Europe de l'Ouest mais assez pour permettre
au moins de relancer les exportations.
L'Allemagne, en particulier, joue un jeu dangereux qui pourrait finalement s'avérer bénéfique sur tous les tableaux:
- les
exportations allemandes ont particulièrement souffert de la crise,
celles-ci devraient bien s'améliorer dans les mois qui viennent grâce à
la baisse de l'Euro
- cependant, l'Allemagne est aussi le
principal créancier grec, un défaut de paiement de l'état grec serait
catastrophique pour les institutions financières et les banques
allemandes. L'idéal pour l'Allemagne serait de maintenir "suffisamment
à flot" la Grèce pour qu'elle rembourse l'ensemble de ses dettes mais
pas trop pour que les futures obligations, qu'elle sera bien obligée
d'émettre, rapporte beaucoup aux allemands...
Bref l'Europe fait acte d'une solidarité désintéressée
Sans parler bien sûr, du retour au
colonialisme auquel fait penser la proposition de certains députés allemands qui ont suggéré à la Grèce de vendre des îles...
Y a t'il d'autres bénéficiaires de cette situation qui pourraient nous intéresser ?
- tout d'abord, les entreprises qui produisent en Europe et exportant massivement dans la zone dollars. L'entreprise EADS est emblématique: la majorité de sa production est effectuée en Europe et elle exporte au moins la moitié de sa production en zone dollars. Son cours de bourse a suivi en sens inverse l'évolution du dollars depuis 3 mois: depuis début décembre l'action a pris 30% alors que l'Euro a perdu 10 % et que le CAC 40 est revenu sur ses niveau de début décembre. Autres exemples d'actions ayant bénéficié de la baisse de l'Euro: LVMH + 10 %, REMY COINTREAU + 7 %, SEB + 25 % depuis début décembre...
- ensuite, les entreprises ayant beaucoup de filiales en zone dollars voient leurs filiales revalorisées avec la hausse du dollars. Pour ne citer que ces exemples, CAP GEMINI et VALLOUREC ont monté respectivement de 14 % et de 25 % depuis début décembre.
En conclusion, même dans le cadre d'un compte titre ou d'un PEA, il est possible de spéculer sur les devises...
L'investisseur qui pense que l'Euro continuera à s'effriter dans les prochains mois n'hésitera pas à investir sur les valeurs citées plus haut.
En revanche, l'investisseur qui pense que la baisse de l'Euro est terminée prendra ses plus-values sur ces mêmes valeurs...
Espérons qu'à l'avenir l'Europe saura faire baisser sa devise quand elle le désire sans avoir à exploiter une tragédie grecque...
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